Les sources

Partir de la lumière divine de la Révélation ou partir de l’obscurité de l’expérience humaine, cette distinction est en quelque sorte la clé de la double recherche philosophique et théologique que mène sans cesse, en parallèle et en dialogue, le père Marie-Dominique Philippe.

La philosophie réaliste à l’école d’Aristote

AristoteLe retour à Aristote, par delà l’usage qu’en a fait saint Thomas d’Aquin, permet une redécouverte du réalisme philosophique dans ce qu’il a de plus fort et de plus riche.

L’héritage d’Aristote apparaît chez le père M-D. Philippe d’abord par le réalisme du jugement d’existence qui accueille le réel tel qu’il est et par l’interrogation confiante sur ce qu’il est, au-delà de ce qui conditionne sa manière d’être et son comment.

L’héritage d’Aristote apparaît ensuite dans la distinction entre la philosophie pratique — partant des expériences du travail, de l’agir en vue du bonheur, de la vie dans la communauté humaine et politique — et la philosophie dite « spéculative » qui, au-delà des expériences de l’activité humaine, cherche à saisir l’homme lui-même et débouche sur une philosophie première : celle de l’être. Cet aboutissement de la recherche de la vérité dans un travail de discernement sur ce qu’est l’être dans ce qu’il a de fondamental et d’ultime est ce qui permet d’aborder le problème de la personne et son ouverture à la question de l’Être premier transcendant.

La théologie sapientiale à l’école de St Thomas d’Aquin

Saint Thomas d'AquinLa théologie est beaucoup plus qu’une connaissance, bien informée, de la doctrine de l’Église. Le théologie scrute la Parole de Dieu pour y pénétrer davantage. La théologie est toujours actuelle comme la Parole de Dieu ; et l’apport de l’intelligence consiste à essayer de mieux pénétrer en elle. 
Appuyée sur la grâce de la foi, la sagesse théologique est acquise, elle est la sagesse du croyant qui veut pénétrer le plus avant possible dans le mystère de la Parole de Dieu.

Seul le regard contemplatif peut faire comprendre ce qu’est la théologie de st Thomas. L’Église le considère comme le « docteur commun », c’est-à-dire celui qui est « docteur » pour toute l’Église, en raison de la limpidité de son regard, de sa pénétration du mystère de la foi, du mystère de la Révélation.
Tout l’effort de st Thomas est donc de mettre son intelligence au service de la Parole de Dieu, pour aller le plus loin possible dans la contemplation du mystère de Dieu.

 

 

P. Marie-Dominique Philippe

p. Marie-Dominique PHILIPPE (1942)Le père Marie-Dominique (Henri) Philippe est né à Cysoing (Nord) le 8 septembre 1912. il est le huitième d’une famille de douze enfants, qui a donné trois dominicains et quatre moniales contemplatives.

Après sa scolarité au collège des Jésuites de Lille, Henri Philippe entre dans l’Ordre de Saint-Dominique à Amiens en novembre 1930. Il fait profession en 1931, et poursuit ses études de philosophie et de théologie au Saulchoir de Kain (Belgique) de 1931 à 1938. Il est ordonné prêtre en 1936.

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L'apôtre saint Jean

Saint JeanSaint Jean est selon la Tradition de l’Église le disciple Bien Aimé du quatrième évangile. Il est l’ami du Christ, celui que le Christ invite à demeurer auprès de Lui. Saint Jean est devenu ainsi l’ami proche du coeur du Christ, celui auquel le Christ confie ses secrets. Jean est l’apôtre fidèle qui suit le Christ jusqu’à la Croix où il sera témoin du cœur transpercé du Christ. Au pied de la Croix il reçoit du Christ sa Mère pour l’accueillir au plus intime de sa vie de foi et qu’elle exerce sur lui sa maternité divine. Jean est aussi le premier des apôtres à croire au mystère de la Résurrection.

Commandement nouveau
La famille saint Jean a été fondée pour vivre de l’esprit de saint Jean, pour vivre à sa suite une vie de communion intime avec le Seigneur, une vie de contemplation et de recherche de vérité qui soit aussi féconde pour la vie apostolique de chacun de ses membres. Par saint Jean l’Église reçoit le commandement nouveau. Jean nous enseigne ainsi  que la communion personnelle avec le Christ demande d’être source de charité fraternelle.

Ecrits
Les écrits de saint Jean tiennent une place privilégiée dans notre manière de nous nourrir de la Parole de Dieu, en particulier dans la lecture que nous en a donnée notre fondateur. Le quatrième évangile livre les secrets du cœur du Christ, il nous fait entrer dans l’intimité de la communion du Fils avec son Père dans l’Esprit Saint. L’Apocalypse nous montre comment le Christ est présent par son Esprit dans l’Église et comment à travers les luttes il la conduit jusqu’à la gloire. La première épître nous introduit dans le mystère de la charité fraternelle à la lumière de la contemplation du mystère de Dieu lumière et amour.

Aristote

Philosophe grec (384-322 av. JC)

AristoteL’activité encyclopédique du Lycée reflète l’intelligence d’Aristote, initiateur de la philosophie réaliste, attentive à tout ce qui se dit, à ce qui est et à ce qui se pratique.

Né en 384 avant Jésus-Christ à Stagire, en Grèce, Aristote reçoit l’enseignement de Platon pendant vingt ans, à l’Académie, à Athènes. Platon ayant été lui-même disciple de Socrate, Aristote prolongea l’effort philosophique de ses maîtres, mais en se démarquant nettement du platonisme.

Après son échec à la succession de Platon à l’Académie, Aristote quitte Athènes et se retire en Asie Mineure, d’où il est appelé par le roi Philippe de Macédoine à devenir précepteur de son fils Alexandre, futur Alexandre le Grand. Quand celui-ci succède à son père, Aristote retourne à Athènes et fonde l’école du Lycée. Il y entreprend des recherches dans toutes les branches du savoir de l’époque.

A la mort d’Alexandre, en 323, Aristote, menacé d’être condamné à mort pour "impiété" (comme jadis Socrate) s’exile d’Athènes. Il meurt l’année suivante à soixante-trois ans.

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Et d'autres...

Le penseurAristote affirme qu’il faut s’intéresser aux penseurs qui nous ont précédés de sorte à ne pas penser plus mal qu’eux. Le recherche de vérité tant philosophique que théologique demande d’entrer en dialogue avec les autres grands auteurs et de se confronter à leur pensée. S’ils ne sont pas à proprement parler nos sources, néanmoins ils contribuent à faire progresser notre propre recherche de vérité. Le contact avec les grandes œuvres - telles, par exemple en philosophie celles de Platon, Kant, Hegel, Heidegger, etc.- passées ou contemporaines, est source d’un indispensable questionnement qui aide à approfondir, à affiner, voire à corriger notre propre pensée.

D’autre part, les sciences et plus particulièrement les sciences humaines, telles la psychologie et la sociologie qui se sont beaucoup développées ces quarante dernières années, contribuent à nous donner une intelligence plus aiguisée de la personne humaine.

Saint Thomas d'Aquin

Docteur de l'Eglise (1224-1274)

Saint Thomas d'AquinSaint Thomas naît près de Naples en 1225. Sa famille espère bien le voir un jour abbé du Mont-Cassin où il a fait ses premières études. Mais le jeune Thomas préfère l’ordre mendiant que saint Dominique a fondé en 1214 et y entre, en dépit de l’opposition de sa famille, en 1244. Il part alors pour Paris où il est disciple de saint Albert le Grand, dominicain allemand et savant naturaliste. Il devient rapidement un maître renommé.

Bénéficiant d’une nouvelle traduction latine des œuvres d’Aristote, il a l’audace de mettre au service de la "science théologique" la philosophie du Stagirite. Contestée, cette audace fut mal comprise ou mal défendue, et la pensée de saint Thomas fut souvent par la suite déformée ou systématisée. Il meurt en 1274, lors d’une étape à l’abbaye de Fossanova, alors qu’il se rend au Concile de Lyon.

L’Église reconnut rapidement la sainteté du "Docteur angélique" et la portée de son travail théologique : canonisé dès 1323, il fut proclamé Docteur de l’Église en 1567.

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